Carnet de voyages

Réserve Naturelle de Ghadira

15 juin 2017

Je vous présente aujourd’hui un lieu qui me tiens à cœur à Malte : La Réserve Naturelle de Ghadira (prononcée « Adira » en maltais, le « Gh » est une sorte de H aspiré). Direction la baie de Mellieha dans le Nord de l’île pour une visite à David et Raymond, les deux gardes que vous pourrez rencontrer sur place.

Un oasis au milieu d’un désert

Bon, le mot désert est peut-être un peu fort mais en été, et ce dès le mois de mai, Malte devient une île très sèche et uniquement minérale ! Plus aucune pluie avant octobre voire novembre… Autant dire que cette zone humide est un paradis pour les oiseaux migrateurs. 🙂

Vue de la réserve Ghadira

Réserve de Ghadira depuis Foresta 2000

Petit historique du lieu

Avant d’être une réserve naturelle classée Natura 2000 et un site RAMSAR, Ghadira était un lieu où l’on récoltait le sel jusqu’au 16ème siècle. Par la suite, la construction de la route toute proche a détruit le système plage-dune. La zone s’est comblée de sable et a été utilisée en parking jusqu’à ce que Birdlife Malta, au début des années 1960, change la donne. En hiver, des piscines naturelles étaient créées grâce aux pluies. Ce phénomène attirait de nombreux oiseaux et, par effet boule de neige, de nombreux chasseurs et naturalistes. Remarquant cela et l’intérêt de la chose sur le plan naturaliste, Birdlife a convaincu le gouvernement d’acquérir le terrain et de le transformer en sanctuaire pour les oiseaux. Par la suite, des travaux ont été entrepris afin de restaurer le marais salant (courant des années 1980).

Aujourd’hui la réserve accueille le public, les groupes et les scolaires tout au long de l’année. Il est prévu à moyen terme de restaurer le milieu dunaire qui a été très affecté lors de la construction de la route afin de proposer un habitat supplémentaire.

Bois Ghadira          Ghadira marais         Ambiance Ghadira

Un paradis pour les oiseaux

Cet espace, de part sa nature et sa situation géographique est une véritable halte migratoire pour les oiseaux entre l’Afrique et l’Europe. En effet, c’est un espace de repos, de nourriture (essentiellement pour les limicoles) et de protection (chasse interdite à l’intérieur de la réserve). Il fait savoir qu’à Malte, la chasse est une « tradition » autant qu’un fléau pour les oiseaux. La loi évolue doucement et des périodes de chasses sont toujours maintenues durant les migrations de printemps : corruption, braconnage et lobby sont les freins à une meilleure protection de ces oiseaux à Malte…

Je vous propose un petit extrait en photo des espèces que l’on peut croiser à la réserve. Il y en a bien d’autres encore mais je vous présente celles que j’ai pu photographier lors de mes passages. 🙂

Au total, près de 140 espèces différentes sont enregistrées annuellement. A chaque saison ses représentants !

Échasse blanche

Echasse blanche (Himantopus himantopus)

Moineau espagnol

Le non moins fameux « Spanish sparrow », moineau espagnol

Chevalier aboyeur

Chevalier aboyeur (Tringa nebularia)

Huppe fasciée

Huppe fasciée (Upupa epops) au milieu d’oxalis des Bermudes

Bergeronnette printanière

Bergeronnette printanière (Motalica flava)

Sterne pierregarin

Sterne pierregarin (Sterna hirundo)

Bihoreau gris

Bihoreau gris (Nycticorax nycticorax)

Chevalier gambette

Chevalier gambette à l’affût (Tringa totanus)

Bécasseau minute

Bécasseau minute (Calidris minuta)

Petit gravelot

Petit gravelot (Charadrius dubius)

Comme dit plus haut, j’ai observé beaucoup d’autres espèces, notamment grâce au programme de bagage qui est en place sur la réserve. Ces programmes existent dans le monde entier et servent à suivre l’évolution des populations d’oiseaux, espèces par espèces, en terme sanitaire, de quantité et dans le suivi des routes de migrations. J’ai choisi de privilégier les photographies où les oiseaux sont en liberté dans leur milieu. 😉

Une faune et une flore riche

Il n’y a pas que des oiseaux à Ghadira bien entendu, même si ce sont eux les stars! 😉 La faune et la flore prospèrent : l’inule perce-pierre, l’aphanius de Corse, l’olivier, le caroubier, le lys maritime, le pin d’alep, le gharghar (arbre national)… Autant de représentants des différents milieux que l’on retrouve ici :  méditerranéen, dunaire et saumâtre.

Lagure ovale

Lagure ovale (Lagurus ovatus), couramment appelé « queue de lièvre »

Broad scarlet

La libellule écarlate (Crocothemis erythraea)

Caméléon commun

Caméléon commun (Chamaeleo chamaeleon)

Pavot sauvage

Pavot sauvage (Papaver setigerum)

Ophrys bombyx

Ophrys bombyx (Ophrys bombyliflora)

Maltese painted frog

Maltese painted frog

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3 Commentaires

  • Reply Vers un changement de cap ? - Pellicule et sac à dos 28 août 2017 at 15 h 20 min

    […] pouvez retrouver quelques uns de mes clichés sur cette thématique ici et dans la rubrique carnet naturaliste. Je pense m’orienter davantage sur la photographie […]

  • Reply Vincent 27 mars 2020 at 11 h 22 min

    Merci pour ce très bel article naturaliste sur Malte. Je n’ai pas eu le plaisir de découvrir cette réserve lors de mes précédant voyages, mais je n’y manquerai pas si j’y retourne. En attendant, je découvre votre merveilleux blog.

    • Reply Héloïse 29 mars 2020 at 12 h 34 min

      Merci pour ce retour !
      Je conseil vivement la partie « nature » de l’île, pour faire une pause dans sa frénésie 😉

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